En bref
Sur un chantier, l'employeur doit intégrer la chaleur dans son évaluation des risques, fournir de l'eau potable et fraîche (au moins 3 litres par jour et par travailleur en l'absence d'eau courante), prévoir un local ou des aménagements protégeant les équipes des conditions climatiques néfastes et, en vigilance orange ou rouge, réévaluer les risques puis adapter les mesures, jusqu'à l'arrêt des travaux si elles ne suffisent pas.
Dans le BTP, les arrêts décidés pendant une vigilance orange ou rouge canicule peuvent être indemnisés au titre du chômage-intempéries. Informations à jour au 27 octobre 2026.
Ce qui change sur un chantier depuis 2025
Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a introduit de nouvelles obligations de prévention face à la chaleur, applicables depuis le 1er juillet 2025. Les seuils de vigilance sont fixés par un arrêté du même jour (Entreprendre.Service-Public.gouv.fr). Trois niveaux de vigilance Météo-France comptent :
- jaune : pic de chaleur sur un à deux jours ;
- orange : canicule, chaleur intense et durable ;
- rouge : canicule extrême, à fort impact sanitaire.
Un « épisode de chaleur intense » correspond aux niveaux jaune, orange ou rouge ; une « période de canicule » aux niveaux orange ou rouge, et c'est elle qui ouvre droit, dans le BTP, à l'indemnisation des arrêts de travail. La carte officielle est sur vigilance.meteofrance.fr. L'employeur intègre le risque de fortes chaleurs dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) et, pour les entreprises d'au moins 50 salariés, dans le Papripact (Code du travail numérique). Les règles communes à tous les employeurs (mesures de prévention, droit de retrait, locaux fermés) sont détaillées dans notre guide chaleur au travail : les obligations de l'employeur. Celui-ci traite de ce qui est propre aux chantiers.
Eau potable et local : les deux obligations propres au BTP
Deux articles du code du travail s'appliquent spécifiquement aux employeurs du BTP, d'après la synthèse de l'INRS :
| Obligation | Contenu | Article |
|---|---|---|
| Eau potable | Eau potable et fraîche ; au moins 3 litres par jour et par travailleur en l'absence d'eau courante | R4534-143 |
| Local ou aménagements | Un local protégeant la santé et la sécurité des travailleurs en cas de conditions climatiques néfastes, ou des aménagements de chantier offrant des garanties équivalentes | R4534-142-1 |
Cette obligation vaut en permanence, y compris hors épisode de chaleur. Pendant un épisode de chaleur intense, s'ajoute l'obligation générale de fournir une eau potable fraîche en quantité suffisante, avec un moyen de la garder au frais près des postes de travail (Entreprendre.Service-Public.gouv.fr).
Vigilance orange ou rouge : réévaluer, adapter, arrêter
Selon l'INRS, en vigilance orange ou rouge, l'employeur doit réévaluer les risques de chaque salarié et adapter ses mesures de prévention ; en vigilance rouge, cette réévaluation est quotidienne. Si les mesures sont insuffisantes, notamment pour un travail très chaud et physiquement exigeant, il doit décider l'arrêt des travaux. Ces règles ne sont pas propres au BTP.
Deux dispositifs peuvent ensuite compenser la perte d'activité :
- le chômage-intempéries, propre au BTP (section suivante) ;
- l'activité partielle : en cas de vigilance orange ou rouge, ou d'arrêté préfectoral ordonnant une suspension d'activité liée à la canicule, l'entreprise peut demander une indemnisation auprès du service « activité partielle » de la DREETS (article R5122-1, d'après l'INRS).
Chômage-intempéries : ce qui est indemnisé en canicule
Les périodes pour lesquelles Météo-France émet une vigilance orange ou rouge « canicule » permettent d'indemniser les arrêts de travail dans le BTP. Voici les conditions et délais publiés par Service-Public.gouv.fr (page vérifiée le 27 mai 2026) :
| Point | Règle |
|---|---|
| Condition d'activité | Au moins 200 heures de travail dans les 2 mois précédant l'arrêt, et travailler sur le chantier arrêté |
| Délai de carence | Indemnité due à partir de la 2e heure perdue au cours d'une même semaine |
| Plafonds | 9 heures par jour, 45 heures par semaine, 55 jours indemnisés depuis le 1er janvier de l'année en cours |
| Montant | Plafonné à 75 % du salaire |
| Qui paie | L'employeur, à la date normale de paie ; la caisse de congés payés du BTP le rembourse ensuite |
| Déclarations | Provisoire : 120 heures au plus après le début de l'arrêt. Définitive : dans le mois suivant la reprise |
L'indemnité ne se cumule pas avec les indemnités journalières (accident du travail, maladie) ou une allocation chômage. Pour un cas précis, la caisse de congés payés du BTP dont dépend l'entreprise reste l'interlocuteur.
Rafraîchir une base-vie ou un bungalow de chantier
Un local de repos en tôle ou en bungalow chauffe vite au soleil. Un climatiseur mobile peut en rendre l'usage plus supportable pendant les pauses, à condition de le dimensionner pour la pièce et de fermer les ouvrants. Les repères LocationClim, détaillés dans le guide puissance selon la surface (à corriger pour un local très exposé ou très occupé), sont les suivants :
| Modèle | Surface couverte (sous 2,50 m) | Location 7 jours (Paris, TTC) |
|---|---|---|
| climatiseur 9 000 BTU | jusqu'à 26 m² | 165 € |
| climatiseur 12 000 BTU | jusqu'à 35 m² | 179 € |
| climatiseur 14 000 BTU | jusqu'à 41 m² | 200 € |
Les prix incluent la livraison et la reprise standard à Paris, sans installation par un technicien ; le tarif dépend de la zone et de la durée. Un climatiseur mobile n'est pas une mesure suffisante à lui seul : il ne remplace ni l'eau fraîche, ni l'organisation du travail (horaires, pauses), ni la formation des équipes. Il ne rafraîchit pas non plus le poste de travail en plein air. Notre page location de climatiseur de chantier détaille les conditions de livraison sur site et le branchement. Pour la consommation, voir combien consomme un climatiseur mobile.
Check-list avant la prochaine vague de chaleur
- Vérifier que le risque chaleur figure dans le DUERP (et dans le Papripact à partir de 50 salariés) et dans les documents de chantier.
- Prévoir l'eau : potable et fraîche, avec un moyen de la garder au frais, et au moins 3 litres par jour et par travailleur en l'absence d'eau courante.
- Contrôler le local de repos ou les aménagements équivalents, avant l'été.
- Suivre la vigilance Météo-France et fixer qui réévalue les risques, chaque jour en vigilance rouge.
- Décider à l'avance les horaires adaptés et les critères d'arrêt des travaux.
- Repérer la caisse de congés payés du BTP et ses délais (120 heures pour la déclaration provisoire).
- Former les équipes aux signes d'alerte et à la conduite à tenir ; en cas de malaise, appeler le 15.