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Chaleur au travail : les obligations de l'employeur depuis 2025

Évaluation des risques, vigilance Météo-France, eau fraîche, locaux fermés, droit de retrait : ce que prévoit le code du travail depuis le décret du 27 mai 2025, et la place d'un climatiseur mobile dans une réponse complète.

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En bref

Depuis le 1er juillet 2025, l'employeur doit évaluer les risques liés à la chaleur et prévoir des mesures adaptées : organisation et horaires, eau potable fraîche, protection contre le rayonnement solaire, attention aux personnes vulnérables, procédure de secours. Ces obligations s'appliquent dès un épisode de chaleur intense, c'est-à-dire à partir de la vigilance jaune de Météo-France, et il n'existe aucune température maximale légale.

Dans un bureau ou un local fermé, la loi demande une température « adaptée à l'activité ». Un climatiseur mobile peut en faire partie, sans remplacer le reste. Informations à jour au 7 octobre 2026.

Ce que dit le code du travail depuis 2025

Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 a ajouté au code du travail un chapitre sur la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense (articles R4463-1 à R4463-8) et précisé les règles sur les locaux fermés et sur l'eau potable. Il vise les employeurs, les travailleurs indépendants et les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Une obligation de fond reste valable en toute saison : l'article L4121-1 oblige l'employeur à protéger la santé et la sécurité de ses salariés.

Le point à retenir : aucune température maximale n'est fixée. Selon le Code du travail numérique, le droit ne prévoit pas de seuil au-delà duquel le travail serait interdit. L'obligation porte sur la démarche : évaluer, prévenir, adapter.

Ce qui déclenche les obligations : la vigilance Météo-France

L'article R4463-1 définit l'épisode de chaleur intense par référence au dispositif de Météo-France, dans des conditions fixées par l'arrêté du 27 mai 2025. Concrètement, un épisode de chaleur intense commence à la vigilance jaune et se poursuit en orange et en rouge. La carte de vigilance de Météo-France se consulte en ligne : l'employeur ou la personne qui s'en charge doit la suivre.

VigilanceCe que signale Météo-FrancePour l'employeur
JaunePic de chaleur de courte durée, ou chaleur persistanteÉpisode de chaleur intense : mesures de prévention à mettre en œuvre
OrangeCanicule : chaleur intense et durableMesures à maintenir et à renforcer si la chaleur s'intensifie (R4463-7)
RougeCanicule extrêmeMesures adaptées à l'intensification de la chaleur (R4463-7)

L'arrêté qualifie de « périodes de canicule » les vigilances orange et rouge, notion à laquelle se rattache le chômage canicule du bâtiment et des travaux publics : ce guide ne le détaille pas, vérifiez-le auprès de votre caisse de congés intempéries ou de l'inspection du travail.

Les mesures que l'employeur doit prévoir

Les articles R4463-2 à R4463-8 demandent d'abord d'évaluer les risques, en intérieur comme en extérieur, et de les consigner dans le document unique. Quand un risque est identifié, les mesures de prévention sont à définir, puis à mettre en œuvre :

MesureCe que prévoit le texteArticle
Évaluer le risqueExposition à la chaleur intense, en intérieur et en extérieurR4463-2
Réduire l'expositionProcédés de travail, modification des lieux, adaptation de l'organisation et des horaires, moyens techniques contre le rayonnement solaire, eau fraîche, équipements adaptés, formation et informationR4463-3
Eau potable fraîcheQuantité suffisante, avec un moyen de la garder au frais près des postesR4463-4
Travailleurs vulnérablesMesures adaptées notamment à l'âge ou à l'état de santéR4463-5
Signalement et secoursRepérer les signes préoccupants, organiser les secours, en informer les travailleursR4463-6
ChantiersPlans de prévention, de coordination et de sécurité à adapterR4463-8

Le Code du travail numérique insiste sur deux points : l'attention aux travailleurs isolés, pour qui un malaise peut passer inaperçu, et l'interdiction d'affecter des travailleurs de moins de 18 ans à des travaux exposés à des températures extrêmes.

Bureaux et locaux fermés : une température « adaptée »

Pour un bureau, un atelier fermé ou un commerce, c'est l'article R4223-13 qui s'applique : les locaux fermés affectés au travail sont maintenus, en toute saison, à une température adaptée compte tenu de l'activité des travailleurs. Le texte ne donne aucun chiffre. Pour se repérer, l'INRS cite 30 °C pour un travail sédentaire et 28 °C pour un travail physique comme repères de déclenchement de la prévention, pas comme limites légales. Cette page date d' avril 2024, avant le décret de 2025 : elle éclaire la méthode, pas les obligations.

Un open space plein sud, une salle de réunion vitrée ou une salle de serveurs ne chauffent pas de la même façon : l'évaluation des risques doit regarder chaque local, ses occupants et son exposition au soleil.

Droit de retrait et inspection du travail

Le droit de retrait (article L4131-1) permet au salarié de quitter son poste s'il a un motif raisonnable de penser que sa situation présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Le Code du travail numérique précise que de fortes chaleurs ne suffisent pas automatiquement : l'appréciation se fait au cas par cas. Ces situations se règlent mieux en amont, par les mesures du tableau ci-dessus, que par un conflit sur place.

Du côté de l'employeur, l'inspecteur du travail peut adresser une mise en demeure quand les mesures sont insuffisantes. Pour une situation précise (salarié en difficulté, désaccord sur une mesure), les interlocuteurs sont l'inspection du travail, le service de prévention et de santé au travail et le comité social et économique. Un malaise grave relève du 15.

Où se place un climatiseur mobile

L'article R4463-3 cite la modification des lieux de travail et les moyens techniques parmi les mesures possibles. Dans une pièce fermée, un climatiseur mobile est une réponse rapide, sans travaux ni accord de copropriété, quand l'immeuble n'a pas de climatisation ou qu'elle tombe en panne en pleine vigilance. Il rafraîchit une pièce, pas un étage, et n'apporte ni eau fraîche, ni organisation du travail, ni procédure de secours : il complète la liste du tableau, il ne la remplace pas. Il ne se pose pas non plus sur un chantier ou en plein air, où ce sont les horaires, l'ombre et l'eau qui comptent.

Les trois modèles du catalogue et la surface recommandée pour chacun :

ModèleSurface recommandéeRégime d'usage
climatiseur 9 000 BTU20 m²Usage courant
climatiseur 12 000 BTU30 m²Usage intensif
climatiseur 14 000 BTU40 m²24h/24 continu

Pour choisir selon la pièce, son exposition et le nombre de postes, suivez notre guide puissance selon la surface ; pour le coût d'usage, combien consomme une clim mobile. Les pages bureaux et coworking et chantiers et BTP détaillent les situations types, et la page professionnels présente notre offre aux entreprises. Pour un logement, voir canicule dans un appartement sous les toits.

Check-list avant la prochaine vague de chaleur

  1. Mettez à jour le document unique : repérez les postes et les locaux exposés à la chaleur, en intérieur comme en extérieur.
  2. Désignez qui surveille la vigilance Météo-France et qui décide d'adapter les horaires.
  3. Prévoyez l'eau fraîche près des postes, en quantité suffisante.
  4. Identifiez les salariés vulnérables et isolés et définissez comment les contacter.
  5. Écrivez la procédure de secours : qui alerter, qui prévenir, quel numéro appeler.
  6. Listez les locaux sans rafraîchissement et décidez à l'avance de la solution, par exemple une location de climatiseur, pour ne pas la chercher en pleine canicule.
  7. Informez les équipes des mesures prévues et des signes à repérer.

FAQ

Chaleur au travail : vos questions

Existe-t-il une température maximale au travail ?

Non. Le code du travail ne fixe aucune température au-delà de laquelle le travail serait interdit. Il impose en revanche d'évaluer le risque, de prévoir des mesures en cas d'épisode de chaleur intense et, dans les locaux fermés, de maintenir une température adaptée à l'activité (article R4223-13). Les repères de l'INRS, 30 °C pour un travail sédentaire et 28 °C pour un travail physique, servent à déclencher la prévention.

À partir de quand l'employeur doit-il agir contre la chaleur ?

Dès qu'un épisode de chaleur intense est signalé : l'arrêté du 27 mai 2025 le définit par référence à la vigilance canicule de Météo-France, à partir du niveau jaune. L'employeur doit avoir évalué les risques en amont, dans son document unique, puis mettre en œuvre les mesures prévues et les renforcer quand la chaleur s'intensifie (article R4463-7 du code du travail).

Un climatiseur suffit-il à respecter les obligations de l'employeur ?

Non, pas à lui seul. Le code du travail liste plusieurs leviers : organisation et horaires, eau fraîche, protection contre le rayonnement solaire, équipements adaptés, formation, protection des travailleurs vulnérables et procédure de secours. Rafraîchir un local est une mesure technique parmi elles, utile dans une pièce fermée, qui ne remplace ni l'évaluation des risques ni ces autres mesures.

Un salarié peut-il quitter son poste quand il fait trop chaud ?

Le droit de retrait (article L4131-1) existe si le salarié a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Selon le Code du travail numérique, de fortes chaleurs ne suffisent pas automatiquement : chaque situation s'apprécie au cas par cas, selon l'intensité de la chaleur, le travail, l'état de santé et les mesures déjà prises.

Que risque un employeur qui ne fait rien ?

L'inspecteur du travail peut adresser une mise en demeure à l'employeur dont les mesures de prévention sont insuffisantes, selon le Code du travail numérique. L'employeur engage aussi sa responsabilité au titre de son obligation de protéger la santé et la sécurité des salariés (article L4121-1). Pour une situation précise, rapprochez-vous de l'inspection du travail ou du service de prévention et de santé au travail.

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